Discriminations : l'homme blanc hétérosexuel toujours privilégié

Publié par jfl-seronet le 25.04.2014
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Initiativediscriminations

Deux ans d'attente en plus pour un logement social pour un non-Européen, 6 % de salaire en moins pour un homosexuel, plus de deux millions de personnes malades et en situation de handicap qui se sentent stigmatisées : les discriminations "se portent bien en France", selon des experts, cités par l’AFP. L'Insee (Institut national de la statistique et des études économiques) a compilé onze études sur l'influence du sexe, de l'origine, de l'orientation sexuelle ou de l'état de santé sur les inégalités, dans sa revue "Economie et statistique" parue mi avril 2014, un fait inédit pour l'institut de la statistique.

En matière de logement social, une étude relève une différence "d'environ deux ans entre les durées moyennes d'accès" pour "les ménages d'origine non européenne et pour les ménages d'origine européenne, en faveur de ces derniers".  Si une part de cet écart peut s'expliquer par des facteurs comme les impératifs de mixité des bailleurs sociaux ou une meilleure connaissance du système par les Européens, 40 % des cas restent inexpliqués et sans doute le fait d'une discrimination. Une autre enquête note que les hommes vivant avec un "ami" de même sexe ont un salaire environ 6 % plus faible que leurs homologues en couple hétérosexuel, à caractéristiques identiques. En matière d'accès à l'emploi, les chercheurs constatent aussi 40 % de chances en moins à CV identique, pour un candidat issu de l'immigration, rapporte l’AFP. Et même une fois sur le marché du travail, les minorités visibles sont moins souvent à des postes en contact avec le public, le facteur linguistique n'expliquant pas tout. Les chercheurs se sont aussi intéressés aux inégalités de salaires hommes-femmes, de l'ordre de 25 %. Hors effet du temps de travail, du secteur d'activité... L'écart "inexpliqué" reste de 7 à 9 %, disent-ils.

"Action publique insuffisante"

Sous l'encadrement d'une femme, ces écarts se réduisent (jusqu'à 85 %) mais l'ensemble des salariés touchent entre 2,5 et 4 % de moins que sous l'autorité d'un homme. Du côté des personnes en situation de handicap ou ayant des problèmes de santé, 2,4 millions d'entre elles disent avoir été "victimes de comportements stigmatisants" (voir plus bas). Certains des auteurs de ces études ont saisi l'occasion de cette publication pour dénoncer dans une tribune l'"insuffisance de l'action publique", surtout en ce qui concerne les discriminations liées à l'origine ethnique. "Les discriminations se portent bien en France", regrettent ces six chercheurs, notant que certains profils restent privilégiés : "les hommes blancs, hétérosexuels entre 30 et 50 ans". Ils reconnaissent toutefois que la mobilisation des pouvoirs publics s'est traduite par "d'importantes avancées" dans le champ du handicap et de l'égalité entre les femmes et les hommes. Mais ils déplorent l'absence "de politique spécifique pour lutter contre les inégalités dues à l'origine" et une "insuffisance de l'action publique".

Problèmes de santé et handicap : plus de discriminations

"Les personnes ayant des problèmes de santé ou de handicap sont plus nombreuses que les autres à faire part de comportements stigmatisants", écrivent Gérard Bouvier et Stéphane Jugnot dans leur étude publiée dans la revue de l’Insee. "Collectée en 2008, l'enquête Handicap-Santé permet pour la première fois de documenter statistiquement l'ampleur des discriminations liées à l'état de santé ou de handicap ressenties par les personnes vivant en France, dans des ménages ordinaires", expliquent les deux auteurs. "2,3 millions de personnes de 18 ans et plus vivant dans un logement ordinaire en France déclarent ainsi avoir subi des comportements stigmatisants au cours de leur vie en raison de leur état de santé ou de handicap : moquerie, mise à l'écart, traitements injustes ou refus de droit. Les personnes ayant des problèmes de santé ou de handicap déclarent beaucoup plus fréquemment que les autres être confrontées à des comportements stigmatisants, et les plus jeunes sont particulièrement concernés", notent-ils. "Ces expériences discriminatoires constituent donc une composante de leur vie. Ce constat est conforté lorsque les effets différenciés des caractéristiques sociodémographiques sur la propension à se dire discriminé sont pris en compte. L'ampleur de cette surdéclaration varie selon la nature des altérations fonctionnelles subies et selon la façon de percevoir subjectivement son état de santé. En particulier, les personnes ayant des altérations fonctionnelles cognitives sont nettement plus nombreuses que les autres à se déclarer victimes de comportements stigmatisants. Une reconnaissance administrative de handicap est également associée à un surcroît de ressenti significatif d'expériences discriminatoires. Une analyse plus fine suggère que des facteurs contextuels, transversaux aux différents types d'altérations fonctionnelles, comme l'existence de personnes pour les aider ou l'âge de survenue de l'altération fonctionnelle, pourraient jouer un rôle".

Une nouvelle "feuille de route" pour le gouvernement

En février 2014, le gouvernement avait publié une "feuille de route" pour l'intégration des immigrés et la lutte contre les discriminations, qui ne comprenait aucune annonce spectaculaire, ni moyen supplémentaire. Ce plan d'action se contentait de préconiser de renforcer la formation des agents publics (enseignants, conseillers d'orientation, agents de Pôle emploi, inspecteurs du travail). L'originalité de l'ouvrage de l’Insee est de compiler des études utilisant les trois grandes méthodes de recensement des discriminations : la première dite "indirecte", mesure un écart entre deux populations et la part qui ne s'explique pas par des critères objectifs (origine sociale, niveau d'éducation...). Le seconde, dite "expérimentale", repose sur du "testing". Et la dernière, "subjective", se fonde sur le ressenti des interviewés.

Commentaires

Portrait de Pattaya

Je suis un homme blanc hetero super  .... Jai le droit a tout sa ? A bon ?  

Portrait de missinconnue78

Malheureusement je suis handicape façon de parler que je suis condamné