Dossier médical partagé : cette fois, c’est parti !

Publié par jfl-seronet le 26.11.2018
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ThérapeutiquedmpDossier médical partagé

Lancé par Philippe Douste-Blazy, alors ministre de la santé, il y a 14 ans, le dossier médical partagé (DMP) est désormais officiellement disponible pour toutes et tous. Le 6 novembre dernier, la ministre de la santé, Agnès, Buzyn, a annoncé le lancement national de ce « carnet de santé numérique », présenté comme « gratuit, confidentiel, sécurisé » et facultatif.

Attendu donc depuis près de 15 ans, le dossier médical partagé (DMP), sorte de carnet de santé numérique, devrait bientôt devenir une réalité pour tous les Français-es, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a annoncé, début novembre, sa généralisation. Elle a invité « tous les Français » à « se faire ouvrir » un DMP, soit sur Internet, soit chez un-e professionnel-le de santé, vantant un outil permettant des « gains de temps, peut-être des économies » en rationalisant les soins, mais « avant tout un outil de partage d'information pour faire de la meilleure médecine ».

Comment ouvrir un dossier ?

Il est d’ores et déjà possible de se rendre sur le site dédié qui permet à toutes les personnes volontaires de créer gratuitement leur DMP en ligne, et de télécharger l'application mobile. Il est également possible de se faire ouvrir un dossier auprès des agents des caisses d'Assurance maladie, en plus des établissements de santé et des professionnels-les de santé, avec incitation financière. Par exemple, les pharmaciens touchent un euro de la part de l’État par DMP ouvert. Toute personne bénéficiant d’un régime de sécurité sociale peut disposer d’un DMP qui n'est pas obligatoire et n'a aucun impact sur les remboursements.

Que trouve-t-on dans le DMP ?

Le DMP « conserve précieusement » les informations de santé de la personne. « Seul » le médecin traitant « peut accéder à l'ensemble des informations ». La personne est libre de les partager ou non avec d’autres professionnels-les de santé de son parcours. Elle peut ainsi bloquer les professionnels-les de son choix, ajouter ou masquer certains documents, ou tout bonnement supprimer son DMP si elle le souhaite. « Les données seront conservées pendant dix ans », explique l'Assurance maladie, chargée de la nouvelle mouture. Elle a été testée depuis 2016 dans neuf départements. Comme l’indique l'Assurance maladie, « le DMP est le seul service » qui permette de « retrouver dans un même endroit » son historique de soins des 24 derniers mois, ses antécédents médicaux (maladies, allergies, etc.), ses résultats d'examens (radio, analyses biologiques, etc.), les comptes-rendus d'hospitalisation ou encore les coordonnées des proches à prévenir en cas d'urgence. De son côté,  l'Assurance maladie y injectera automatiquement « l'historique des remboursements » des actes et des médicaments des deux dernières années. Le DMP comporte aussi les directives anticipées concernant le don d’organes.

Combien de DMP ont été ouverts ?

La première phase de développement a déjà permis de créer 550 000 DMP en 18 mois — de 2016 jusqu'à mai 2018. Si on ajoute ceux ouverts précédemment, il y aurait aujourd’hui, 1,2 million de DMP, indique l'Assurance maladie. On est encore loin de l’objectif inscrit dans un accord entre l'Assurance maladie et l'Union nationale des professionnels de santé (UNPS) fixé à 40 millions de DMP en cinq ans !

Quels sont les objectifs du DMP ?

Le DMP doit renforcer la collaboration entre les professionnels-les de santé, permettre un accès immédiat aux informations médiales d’une personne, que ce soit lors d’une première consultation, comme en cas d’urgence. Cela devrait éviter les risques liés aux interactions médicamenteuses (on sait ce que la personne prend déjà comme médicaments, ses éventuelles allergies, etc.). Cela devrait également éviter les actes médicaux inutiles (des examens biologiques trop rapprochés, etc. Le gouvernement en escompte même des économies, ce qui ne sera pas du luxe… puisque des centaines de millions d’euros ont déjà été dépensées depuis 14 ans pour créer le DMP. Dans son discours de lancement du DMP, début novembre, Agnès Buzyn rappelait que le DMP est « une réponse efficace à une anomalie constatée depuis longtemps, qui est que les Français ne disposent pas de l’historique de leur dossier médical. Cette situation engendre, chacun le sait, de la perte de temps et de la perte d’informations ».

Confidentialité et sûreté

Outre le choix des professionnels de santé pouvant accéder à son DMP (hormis le médecin traitant), la personne peut donc décider de masquer une information médicale de son dossier (sauf à son médecin traitant). L’Assurance maladie explique que la personne est avertie par e-mail ou SMS « dès qu’un nouveau document est déposé (par exemple, de nouveaux résultats biologiques) ou qu’un professionnel de santé se connecte pour la première fois. A part le ou la propriétaire du dossier, seuls les professionnels-les de santé autorisés (médecin traitant, infirmier, dentiste, pharmacien, etc. peuvent le consulter. L’Assurance maladie rappelle que les laboratoires pharmaceutiques, les organismes de mutuelle, les banques et les assurances «n’y ont aucun droit ».

À la création du dossier, il est demandé à la personne de décider de rendre son dossier accessible en cas d’urgence (appel au Samu, par exemple). En fait, le DMP assure une liberté de maîtrise et de contrôle. Ainsi, vous pouvez ajouter ou masquer un document vous concernant déposé par un professionnel de santé. Vous pouvez gérer les accès à votre DMP (bloquer un-e professionnel-le de santé, supprimer une autorisation, cela peut être le choix fait lorsqu’on vit avec le VIH ou une hépatite virale de ne partager cette information qu’avec certains professionnels de santé et pas d’autres). Rappelons que seul le médecin traitant (qui peut être le médecin spécialiste du VIH) a un accès complet au contenu de votre DMP. Par ailleurs, vous êtes libre de demander à tout moment la fermeture de votre DMP. Cette demande de sûreté et de confidentialité du dispositif est attendue d’une majorité de Français-ses comme le rappelle France assos Santé (dont AIDES est membre) qui a fait réaliser un sondage au sujet du DMP.

 

Commentaires

Portrait de jl06

 L,idée et bonne bien sur MAIS  !

pour les porteurs  (du HIV) ,révélé sa séropo  bonne idée ? pas sur , et pourtemps cela peut servir en cas d,urgence ,  

dans le monde du travail ,  le médecin du travail peut faire courir un risque , les soins dentaires ... etc ,

après tenir sont DMP seul ... vous connaissez les termes médicaux , pour toutes les pathologies   , moi pas ! 

comme nous vivons dans une société juste un peut borné ,qui se radicalise ... 

mais au final je vais voir de plusq prés ......Smile faut bien avancé !

 

Portrait de Hippocampe

 Dr Claude LEICHER, président de MG France (Syndicat des médecins généralistes)

Pour ou contre le Dossier médical partagé ?

« Le dossier professionnel patient et le DMP vont faire doublon. Un médecin n’a ni l’envie ni le temps de tenir deux dossiers différents, le DMP n’est pas le dossier de travail du médecin traitant. Et il ne le sera pas. Le DMP est sous la responsabilité du patient qui a le droit de masquer des données ou de les retirer. Heureusement, il ne pourra rien cacher à son médecin traitant, ce qui est assez cohérent avec les fonctions et responsabilités de ce dernier.

En outre, notre dossier professionnel est en train d’évoluer pour devenir partagé (DPP), comme c’est déjà le cas dans les maisons de santé mais c’est aussi possible pour n’importe quel médecin du territoire.

Nous ne nous occupons pas du DMP. Quasiment personne ne le consulte et les dossiers qui y sont ouverts sont presque tous vides puisqu’ils sont ouverts en tant qu’indicateurs de bonnes pratiques améliorant leur rémunération pour un certain nombre de personnels de santé (rémunération sur objectifs de santé publique).

Dans ce contexte, le DMP n’a pas d’avenir et son intérêt est nul… sauf à servir de bibliothèque de dépôt pour les patients. On y met des documents en pdf et une fois qu’ils sont dedans on ne peut plus ni les modifier ni effectuer de recherche par mots-clés. Ce n’est pas moderne et nous ne gagnerons pas de temps s’il faut lire des documents pdf en mode image, qu’on ne peut même pas copier-coller.

C’est une position partagée par 95% des médecins qui n’ont jamais mis le nez dans le DMP. Certains ont essayé et ont été plus ou moins satisfaits. Mais je ne connais aucun médecin en France qui utilise le Dossier médical partagé comme un dossier professionnel. »