Grippe : la vaccination c’est maintenant !

Thérapeutique Publié par jfl-seronet 936 lectures
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La campagne de vaccination contre la grippe saisonnière a débuté le 6 octobre. Elle concerne plus de 12 millions de personnes (500 000 de plus que l’année dernière) pour qui la grippe représente un risque de complications parfois graves : il s’agit notamment des personnes de 65 ans et plus, celles atteintes de certaines maladies chroniques (diabète, insuffisance cardiaque ou respiratoire, par exemple), les femmes enceintes, les personnes souffrant d’obésité morbide et les personnes vivant avec le VIH. Seronet fait le point.

Les personnes invitées à se faire vacciner par l’Assurance maladie sont de plus en plus nombreuses chaque année en raison du vieillissement de la population. Le nombre total de personnes vaccinées continue ainsi de progresser (+96 000 entre 2015 et 2016) mais il reste nettement insuffisant pour atteindre une bonne couverture vaccinale : moins d’une personne sur deux (47,4 %), pour qui la grippe représente un risque, s’est faite vacciner l’hiver 2016, bien en deçà des recommandations de l’Organisation mondiale de santé, explique le ministère de la Santé.

Certaines catégories de la population sont encore plus en retrait : c’est le cas des jeunes seniors (entre 65 et 69 ans) qui ne sont que 37 % à se faire vacciner et les personnes atteintes de certaines maladies chroniques dont le taux de vaccination se situe à 36 %, contre 56 % chez les personnes de 70 ans et plus.

Les conséquences de la grippe en 2016

Santé publique France a estimé la surmortalité hivernale, de l’année précédente, spécifiquement liée à la grippe à 14 400 décès, principalement chez des personnes de 65 ans et plus. "En 2016-2017, l'épidémie de grippe a été précoce (depuis début décembre jusqu'à début février), et si elle a été modérée en médecine ambulatoire (1,9 million de consultations), elle était caractérisée par le virus A H3N2, particulièrement agressif pour les personnes âgées et porteuses de maladies chroniques", a expliqué le Dr Daniel Lévy-Bruhl, responsable de l'unité "Infections respiratoires et vaccination" à Santé publique France, cité par le "Quotidien du Médecin" (5 octobre). "Il y a eu 40 000 passages aux urgences pour grippe, dont 6 400 hospitalisations et 1 479 cas graves. Parmi ces cas graves, 92 % avaient plus de 65 ans ou souffraient d'une maladie chronique. Les décès liés à la grippe sont estimés à 14 400, dont 91 % chez des plus de 75 ans". Le Dr Lévy-Bruhl a rappelé que si l'an dernier, l'efficacité du vaccin était de 38 % (et même de 26 % chez les personnes à risque), les cas les plus graves sont aussi ceux qui ne sont pas vaccinés.

Une vaccination pour soi… et les autres

En aidant à combattre le virus et en diminuant le risque de complications, la vaccination contre la grippe peut sauver des vies, rappellent les autorités de santé. Il s’agit du premier geste à adopter à l’approche de l’hiver pour se protéger soi et ses proches, rappelle le ministère de la Santé. Pour renforcer cette protection, chacun doit également adopter un ensemble de mesures simples de prévention : lavage régulier des mains, limitation des contacts pour les personnes qui sont grippées, port de masque, etc. Cette année, dans deux régions françaises (Nouvelle Aquitaine et Auvergne-Rhône-Alpes), des pharmaciens volontaires pourront vacciner les personnes ayant déjà eu recours au vaccin grippal l’an dernier. Ils pourront le faire sans passer par une consultation médicale.

VIH et vaccination contre la grippe

L’Assurance maladie prend en charge à 100 % le vaccin pour les personnes concernées par les recommandations vaccinales du Haut conseil de la santé publique. Il s’agit pour les "recommandations générales" des personnes âgées de 65 ans et plus ; et pour les "recommandations particulières", de toutes les femmes enceintes et des personnes atteintes de différentes pathologies. C’est le cas des personnes qui ont des déficits immunitaires dont les personnes vivant avec le VIH, quels que soient leur âge, leur charge virale VIH et leur nombre de CD4. La vaccination est particulièrement recommandée pour les personnes vivant avec le VIH.

La campagne de vaccination 2017/2018 : les points clés à retenir

Les courriers personnalisés d’invitation, accompagnés de l’imprimé de prise en charge à 100 %, ont été adressés aux assuré-e-s durant le mois de septembre. La prise en charge est valable jusqu’au 31 janvier 2018. Le calendrier des vaccinations 2017 ne présente pas de modification de la population éligible à la vaccination contre la grippe saisonnière. Celui-ci est consultable sur le site Internet du ministère des Solidarités et de la Santé. Le vaccin contre la grippe est remboursé uniquement pour cette population. Les démarches simplifiées pour les personnes qui ont bénéficié d’une prise en charge gratuite au cours des trois années précédentes sont reconduites :

Les personnes invitées à se faire vacciner : trois situations différentes
● Personnes invitées déjà vaccinées au cours des trois dernières années (non primo vaccinant).
1 - Retrait du vaccin chez le pharmacien, sur présentation du bon de prise en charge reçu à domicile, sans consultation médicale préalable
2 - Injection par un médecin, une sage-femme ou une infirmière (sans prescription médicale)

● Personnes invitées non vaccinées au cours des trois dernières années (primo vaccinant) 
1 - Prescription du vaccin par un médecin ou une sage-femme
2 - Retrait du vaccin chez le pharmacien, sur présentation du bon de prise en charge
3 - Injection par un médecin, une sage-femme, ou une infirmière (sur prescription médicale)

● Personnes ciblées par la vaccination, mais non identifiées par l’Assurance maladie (femmes enceintes, personnes obèses, entourage familial des nourrissons, etc.) 
1 - Prescription du vaccin par le médecin ou la sage-femme sur le bon téléchargé et imprimé par le professionnel depuis Espace pro
2 - Retrait du vaccin chez le pharmacien, sur présentation du bon de prise en charge
3 - Injection par un médecin une sage-femme ou une infirmière (sur prescription médicale)

Composition du vaccin

La composition du vaccin est adaptée annuellement, suite à la recommandation de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), en fonction des souches virales qui ont circulé l’hiver précédent et donc les plus susceptibles d’être présentes cette année, indique le communiqué du ministère de la Santé. Cette année, la composition du vaccin trivalent doit correspondre aux souches suivantes :

- souche analogue à A/Michigan/45/2015 (H1N1) pdm09 ;
- souche analogue à A/Hong Kong/4801/2014 (H3N2) ;
- B/Brisbane/60/2008 (lignée Victoria).

La composition du vaccin est modifiée par rapport à la saison 2016-2017 et les modifications portent sur la souche A/H1N1. Les vaccins grippaux pris en charge dans le cadre de la campagne sont les vaccins grippaux inactivés trivalents indiqués à partir de l’âge de 6 mois : Immugrip, Influvac, Vaxigrip.

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