Chemsex, slam : entre prise de risque et plaisir

17 Mai 2016
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L’usage de substances psychoactives (les drogues, pour faire simple) dans le cadre de rapports sexuels n’est pas nouveau. Reste que les pratiques évoluent, tout spécialement chez les gays avec le slam (injections par voie intraveineuse des produits comme la méphédrone et ses dérivés) et une montée en puissance du Chemsex — contraction de chemicals (produits de synthèse utilisés comme drogue) et de sexe. Plaisirs nouveaux et décuplés, performances sexuelles, marathon sexuel… y sont associés. Ces nouvelles formes de consommation posent de nouveaux enjeux de santé pour les personnes utilisatrices : prévention des infections par les hépatites, le VIH, les autres IST, dépendance aux produits, interactions avec d’éventuels traitements en cours, etc. Des études se penchent sur ces nouveaux modes de consommation et nombreux sont les experts qui réfléchissent à des outils de réduction des risques compatibles avec ces pratiques. Faites-vous partie de ces consommateurs ? A quel rythme consommez-vous ? Qu’avez-vous mis en place, seul-e ou avec d’autres, en matière de réduction des risques ? Venez parler sexe, plaisir et usage de drogues mardi 17 mai à partir de 21h, pendant le chat thématique, en compagnie d’Ernesto.

Commentaires

Portrait de ernesto-seronet

Une dizaine de personnes entre Chem et Sex, et en une session le débat est consommé. La prise de drogues dans un contexte sexuel est peu connue de la majorité des participants mais l'expérience partagée par l'un d'entre eux a suscité l'intérêt tout au long de ce chat : de l'absence totale de consommation pour certains, à la prise de produits plus traditionnels (tabac, alcool), ou d'herbe, qui constituent pour la plupart la seule consommation de stimulants, seule la consommation de poppers, pour prendre son pied dans une prise qui va accompagner presque chaque rapport sexuel, semble s'approcher un peu de la notion de ChemSex. Les non adeptes du ChemSex voient cette pratique comme une recherche de perte de conscience de ce que l'on fait et des risques que l'on prend. Pour ceux qui pratiquent le ChemSex et en particulier le slam, c'est un monde à part pour lequel il faut un bon mental pour ne pas y glisser quand les sensations sont si fortes et les produits si faciles d'accès. Une bonne connaissance et perception des risques peut aussi s'avérer utile : IST, hépatites, troubles de la mémoire, dépression, accoutumance, incidence sur le système cardiaque, ... Les effets indésirables, quand ils sont repérés ou vécus, vont constituer une sorte d'alerte et de limite. Dans la réduction des risques, si la France a adopté un système efficace de mise à disposition de matériel d'injection à usage unique, ce n'est peut-être pas le cas partout en  Europe et par exemple en Belgique. Quant à l'information sur ces nouveaux produits de synthèse, et sur leur interaction avec les ARV en particulier (et il est souvent difficile d'oser aborder le sujet avec son spécialiste), elle semble inexistante ou peu connue. Et même la pratique et les gestes appropriés sont souvent ignorés ou mal maitrisés pour les personnes qui s'injectent dans ce cadre, souvent plus préoccupées par les effets et la recherche des sensations du produit injecté, ou déjà dans l'incapacité d'en avoir conscience quand les prises se succèdent ou s'accompagnent d'absorption d'autres produits psychoactifs.

Quelques liens :

Un article de Vincent Schlegel dans Seronet sur le London ChemSex Forum d'avril 2016

Infor Drogues, un site belge mais néanmoins francophone

Vous êtes invité-e-s comme d'habitude à poster sur ce thème vos commentaires et réactions à la suite de celui-ci , et à exprimer ici vos suggestions de thèmes que vous souhaiterez aborder dans les mois à venir, ou d'évolution du "format" de ces chats thématiques.

La semaine prochaine, sans les Chemical Brothers ni Tina Turner, mais renouant au passage avec les Paradis artificiels de Charles Baudelaire, au slam nous préférerons Hit me with your rhythm stick, dans la compagnie de Ian Dury, et des Blockheads, pour nous adonner enfin sans retenue au Sex, Drug and Rock and roll, et avec David Bowie, plongés dans une Space oddity, nous serons les Heroes, just for one day.