Théo et Hugo sont-ils dans notre bateau ?

Publié par Mathieu Brancourt le 24.05.2016
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Théo et Hugo sont deux homos parisiens du 21e siècle. Hors placard, assumant sexe et gestes de tendresse dans la rue. Ils sont, l’un séropositif et l’autre non, représentatifs de la réalité du VIH dans la communauté.

Un rapport sexuel non protégé (par un préservatif) dans une backroom plus tard, ils deviennent l’emblème des enjeux actuels de prévention : un séropo informé, sous traitement, bien dans ses basques aussi, qui sait quoi faire quand la capote a fait défaut. Face à lui, un séroneg, enfin c’est ce qu’il pense, moins au fait des choses à faire, face à une prise de risque sexuel. Tout cela dans un contexte où consommation de substances psychoactives et sexe sont liés.

C’est donc par un ancrage très fort dans le réel des gays que se construit le film d’Olivier Ducastel et de Jacques Martineau, Théo et Hugo dans le même bateau. Ce que confirmeront les intéressés à la fin de la projection au MK2 Beaubourg, une des rares salles parisiennes le diffusant. Mais l’autre trame du film, la relation onirique entre deux garçons, le temps d’un soir et d’un traitement d’urgence contre le VIH (TPE), ressemble davantage à une comptine hors du temps. La juxtaposition d’une réalité presque sociologique avec l’incarnation par ce couple chaotique structure ce récit. C’est surement tout l’attrait et la faiblesse du film. La petite histoire dans la grande en somme. Soit on aime — et on croit — cette tribulation parisienne, entre silences et discussions plus ou moins futiles, soit on reste assez hermétique à des scènes et des dialogues frôlant l’absurde, un jeu très (trop ?) léger et cette histoire naissante pleine de (bons) sentiments, que des cyniques jugeront illusoire. Pour moi, c’est plutôt la deuxième option qui prédomine. Mais il faut reconnaitre que le sujet est maintes fois traité sur Seronet et que l’on connait d’autres "chansons", moins douces et bienveillantes, sur l’exposition à un risque de contamination. Mais beaucoup de spectateurs dans la salle, le soir de l’avant-première, ont été conquis : une histoire de vécu et d’identification. On n'entre pas tous sur leur embarcation de fortune.

Si tant est qu’on s’y amarre, le bateau de Théo et Hugo tangue donc un peu, mais il a le mérite d’emmener le spectateur sur de nouveaux rivages cinématographique à propos du VIH. Ici, on aborde de manière plutôt fidèle et moderne : l’hôpital, la prise en charge, la rencontre avec le médecin dans le cadre d’un TPE. Une pédagogie salvatrice, pour un outil méconnu, qui permettra sans doute de raconter une histoire d’amour gay, mais aussi de parler d’une prévention méritant d’être connue de toutes et tous. Un parti pris audacieux pour bouger les consciences, malgré l’interdiction aux moins de 16 ans. Rien que pour cela, ces deux garçons méritent d’être rencontrés.

Commentaires

Portrait de ballif

depuis peu les personnes sous traitement et avec une charge virale indétectable depuis 6 mois n'est plus contaminate 

dans ce cas le préso n'est pas obligatoire  mais les autres maladies peuvent venir dans ton corps comme la sypholise ou hépatite

 bon plaisir