Génériqueurs 1 – Gilead 0

Thérapeutique Publié par jfl-seronet 289 lectures
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Le laboratoire pharmaceutique Gilead voulait bloquer l’arrivée du générique du Truvada en France…. Il vient de perdre devant la justice. Explications.

Devant le Tribunal de grande instance de Paris, le 5 septembre 2017, le laboratoire Gilead vient d’essuyer une rude défaite et c’est une excellente nouvelle, se félicite AIDES, dans un communiqué. "Les juges ont estimé que l’allongement de la période de monopole sur le Truvada dont le laboratoire se prévalait était vraisemblablement nul".

Le laboratoire Gilead a attaqué devant la justice en référé l’un des fabricants du générique du Truvada, le laboratoire Mylan. Le Truvada (princeps) était le médicament le plus prescrit en France en curatif pour les personnes vivant avec le VIH et en préventif pour la PrEP (prophylaixe pré-exposition). Depuis le 25 juillet, des génériques sont disponibles sur le marché français. Ils sont commercialisés 179,90 euros la boîte contre 406,87 euros pour le même traitement chez Gilead.

Gilead a demandé que les génériques soient retirés du marché. Le laboratoire invoquait un CCP (certificat complémentaire de protection) qui octroie une prolongation du monopole, en allongeant la durée du brevet. Depuis plusieurs mois, AIDES dénonce cette rallonge de brevet comme abusive et non justifiée. Plusieurs pays européens, les Pays-Bas, la Suède et Grèce, ou une procédure du même type a été lancée par le laboratoire Gilead, estiment également que rien ne justifie de prolonger le monopole du laboratoire. Lors de la conférence IAS 2017 en juillet dernier à Paris, ITPC (International treatment preparedness coalition), Coalition PLUS et AIDES demandaient à Gilead de renoncer à toute action faisant barrage à l’accès aux génériques.

"Confortant nos arguments, le tribunal de grande isntance de Paris a considéré que le CCP était "vraisemblablement nul" et condamne Gilead à verser 100 000 euros au génériqueur attaqué [Mylan] pour frais de justice. Un camouflet juridique sans précédent pour le laboratoire", note l’association. "AIDES se félicite de cette décision de justice qui révèle encore un peu plus la voracité sans limite d’un laboratoire pharmaceutique prêt à dévoyer le droit des brevets", conclut AIDES.

Mylan a lancé son générique du Truvada
Fabricant de médicaments génériques, le laboratoire Mylan a annoncé qu’il lançait sur le marché français sa version générique de Truvada, un médicament qui associe deux molécules : l’emtricitabine et le ténofovir ; un traitement anti-VIH utilisé en curatif et également pour la prophylaxie pré-exposition (PrEP). L’association emtricitabine/ténofovir disoproxil de Mylan est disponible en boîte de 30 comprimés. Cette version générique est indiquée en association avec d’autres antirétroviraux pour le traitement des adultes infectés par le VIH-1, rappelle le "Quotidien du pharmacien" (27 juillet). Ce médicament est pris en charge à 100 % par la Sécurité sociale dans les deux indications. L’utilisation en préventif date de 2015 en France et de 2012 aux Etats-Unis. Gilead, le fabricant de Truvada, le médicament princeps, a demandé une extension de son brevet jusqu’en 2020 (il prenait fin en juillet 2017) et lancé une procédure contre Mylan. Il a échoué. Outre Mylan, d’autres génériqueurs sont sur les rangs pour produire d’autres versions génériques du Truvada : les laboratoires Teva, Biogaran, Eurogenetics Pharma, Medipha Santé, Zentiva/Sanofi). Dans un communiqué, sorti cet été, Mylan rappelle que le Truvada est le traitement antirétroviral le plus utilisé en Europe aujourd'hui, puisque "plus d'un quart des patients" en bénéficient en Allemagne, au Royaume-Uni, en France, en Italie et en Espagne. Le prix TTC du générique est de 179,90 euros contre 406,87 euros la version princeps.

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Commentaires

Portrait de luso

Bonjour,
Moi ce mois-ci la pharamcie m'a donné le générique du Truvada... mais de la marque BIOGARAN (et pas Mylan).
Faut croire que le générique est déjà disponible chez plusieurs labos.