VHC : Act Up-Paris a ciblé Gilead France

Publié par jfl-seronet le 09.04.2016
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Thérapeutiquebrevet pharmaceutiqueaccès aux traitements

La manifestation avait beau se dérouler le 1er avril… Elle n’en était pas moins sérieuse. Au contraire, ce jour-là, s’est déroulée, "#PharmaGreedKills", une action internationale contre les dérives de l’industrie pharmaceutique. En France, Act Up-Paris a ciblé le laboratoire Gilead France et dénoncé les restrictions d’accès aux traitements contre l’hépatite C.

Internationale, la journée de protestation #PharmaGreedKills l’a été incontestablement. Le 1er avril dernier, vingt-cinq groupes activistes de six continents ont conduit des actions synchronisées… qu’on peut découvrir sur un site internet dédié. Dans le cadre de cette action internationale contre les pratiques de l’industrie pharmaceutique, Act Up-Paris avait choisi de cibler Gilead France. Le motif ? Le prix très élevé des traitements fabriqués par ce labo contre l’hépatite C (Sovaldi et Harvoni). Des prix qui font "obstacle à leur mise à disposition pour toutes les personnes vivant avec le VHC."

"Dans le cadre des négociations autour du prix du Sovaldi, les autorités sanitaires françaises s’étaient réjouies de la baisse obtenue (…) et s’étaient empressées d’en annoncer la limitation de l’accès aux patient-e-s développant des fibroses graves aux stades F3/F4", explique l’association. Dans un communiqué (1er avril), l’association explique que "ces calculs de coin de table court-termistes sont une honte" et réclame "des traitements plus accessibles". L’association, comme AIDES, le Collectif hépatites virales, SOS hépatittes, le TRT-5, etc., demande "l’accès de toutes et tous aux traitements, afin de mettre rapidement et concrètement un terme à l’épidémie" de VHC. Le but de l’action du 1er avril était "d’accélérer cette évolution".

Act Up-Paris "exige" de Gilead France "une baisse substantielle du prix des traitements, c’est-à-dire une fixation du prix au coût réel de la production et non de manière telle à extraire la rente que l’Assurance maladie est prête à payer". "Cette rente pourrait ainsi être réinvestie dans la lutte contre d’autres problèmes majeurs de santé publique.

Dans ce cas comme dans d’autres, nous exigeons que le gouvernement de Manuel Valls applique les outils en sa possession pour favoriser la mise à disposition de génériques, à des prix inférieurs. Ces outils, c’est notamment l’article L613-16 du code de la propriété intellectuelle qui permet d’imposer des licences d’office".

Cette action s’inscrit dans un ensemble de revendications générales portées par une coalition internationale. "Nous ne nous laissons pas tromper : il n’y a pas de justification recevable à la fixation de prix exorbitants pour les traitements. D’une même voix de par le monde, nous exigeons des traitements, des vaccins, des outils de diagnostic de qualité et à des prix qui les rendent accessibles. Nous exigeons des pouvoirs publics qu’ils fassent passer les vies des patients avant les profits de l’industrie pharmaceutique et mettent fin à la corruption et aux tromperies", explique l’appel international. Les militants demandent, entre autres, un "accès sans restriction aux traitements" ; "que soient levés les obstacles à l’usage des dispositions en matière de propriété intellectuelle, agréées au niveau de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), qui permettent de l’affaiblir lorsqu’il s’agit de santé publique, et encouragent la production et la diffusion de génériques" ; que "les laboratoires respectent l’usage des facilités Trips [Trade-related aspects of intellectual property rights] de l’OMC et abandonnent les poursuites contre l’Argentine et le Brésil, qui font obstacle à cet usage" ; que les "gouvernements renforcent un modèle de financement alternatif favorisant la recherche et le développement de nouvelles molécules, reposant, par exemple, sur des prix, des bourses et des subventions" ; "Que nos gouvernements exigent la transparence sur les coûts de recherche, de développement et de production des traitements" ; "Qu’ils mettent en place des licences d’accès ouvert pour tous les traitements résultant de la recherche publique, permettant d’assurer qu’ils seront accessibles au plus grand nombre" ; que les "gouvernements soutiennent pleinement les travaux du groupe d’experts des Nations Unies sur l’accès aux traitements pour placer le droit à la vie en bonne santé au-dessus des intérêts privés des laboratoires.

Commentaires

Portrait de lapinpositif

Bon, au risque de facher certains radicalistes de gauche, mon analyse est la suivante :

- La recherche, ça se paie avec des spécialistes hautement qualifiés... Dans une économie de marché comme la notre, il est normale que l'entreprise fasse des bénéfices! Et franchement, il faut bien les remercier pour nous permettre de rester en vie et de conserver une "certaine" qualité de vie

- Cela coute moins cher à l'Etat de payer des sociétés privées qui bossent pour trouver des solutions pérennes à travers des médicaments que de payer des chercheurs fonctionnaires qui ne trouvent pas toujours grand chose. Tout compte fait, c'est du transfert de masse salariale et au final, je pense que cela coute moins cher au contribuable...

- Enfin, si vous n'êtes pas content que les grandes firmes se font du fric sur notre dos, faites comme moi : depuis que je suis S+, j'ai acheté des actions GSK et GILEAD.... le fruit de ma maladie revient "un peu" dans ma poche... L'Etat devrait en faire autant...

Bonne réflexion à vous tous les séronotes!