SFLS 2017 : Seronet y était

Publié par Sophie-seronet 61 lectures
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Le 18e congrès de la Société française de lutte contre le sida (SFLS) s'est déroulé les 19 et 20 octobre à Nice. Pour cette édition 2017, la société savante de lutte contre le sida, présidée par Anne Simon, a choisi "Vers un territoire sans sida", comme thème central de ses travaux. Des professionnels de santé et du champ social, des décideurs, des militants d’associationss’informent et échangent lors de séances plénières et de sessions parallèles.

PrEP, déterminants de santé et dépistage

Pour cette première journée, le 18e congrès de la SFLS (Société française de lutte contre le sida) avait - outre des présentations en plénières consacrées à "Vers Paris sans sida", aux indicateurs épidémiologiques territoriaux, aux enjeux de coordination territoriale pour un territoire sans sida – organisé des sessions parallèles avec expert-e-s sur certains sujets, dont la PrEP, les déterminants sociaux de santé, l'offre de dépistage et les enjeux de l'insularité dans la lutte contre le VIH.
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Quelques infos clés et impressions

La session sur les accidents d’exposition sexuelle ou au sang (AES) était l’occasion de présenter plus en détails les recommandations actualisées du groupe d’experts (rapport Morlat), mais aussi d’échanger sur les difficultés d’accès au traitement d’urgence. Pour nourrir les débats, le professeur Enrique Casalino, chef de service à l'hôpital Bichat (AP-HP) à Paris, a décortiqué dans sa présentation les différentes étapes de la prise en charge aux urgences. Délais d’attente, accessibilité, méconnaissance du dispositif, confidentialité, jugement, suivi aléatoire des recommandations : la liste des difficultés fait consensus. Des difficultés qui ont un effet sans appel : les deux tiers des personnes accueillies pour un traitement d’urgence sont perdues de vue un mois plus tard. Au-delà de conseils de bonnes pratiques, le professeur Casalino a insisté sur la nécessité de créer des indicateurs d’évaluation (taux de nouveau recours aux AES, part d’orientation vers la PrEP, temps d’attente, etc.) : "Nous devons définir des objectifs de qualité, les évaluer, nous comparer entre nous pour nous améliorer chaque jour". Il a également défendu la mise en place d’un logiciel d’aide à la décision pour les urgentistes confrontés à des demandes de traitements d’urgence.
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Un sentiment d’occasion ratée

C’est une impression bizarre — un certain malaise aussi — que laisse le discours d’ouverture de Christian Estrosi, maire de Nice et président de la métropole Nice Côte d’Azur, à la SFLS, ce 19 octobre. Il y a les formules lyriques ("peu à peu la nuit a reculé", "la lumière va s’imposer plus largement"), le long hommage, très pot de départ, au professeur Pierre Dellamonica (Hôpital l’Archet, CHU de Nice), grand spécialiste du VIH, qui part effectivement à la retraite. Il y a le tropisme, appuyé, a parlé de sa région, de sa ville qui sera évidemment sans sida. Il y a les idées toutes faites et assez fausses : ainsi, en matière de lutte contre le sida, il faut concentrer ses efforts sur les jeunes de 16 à 25 ans… sans dire lesquels. Il y a un peu de maladresse à saluer, de façon appuyée, la présence de l’industrie pharmaceutique "qui est à vos côtés [actrices et acteurs de la lutte" et à balayer un peu vite les avancées qu’il faudrait sur le financement de l’innovation. La gêne est plus forte encore quand le maire, d’une ville particulièrement éprouvée par un attentat, se lance dans un parallélisme hasardeux entre le sida et les terroristes : "C’est un virus ; ce sont des barbares". Le maire est venu avec son photographe et son cameraman : c’est sur la bande ; il y a les clichés !
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Le quatrième 90 % et autres nouvelles

Pour améliorer le dépistage, ce premier 90 % qui nous hante et que nous n’arrivons pas à atteindre — ces personnes qui sont séropositives mais ne le savent pas —, il faut travailler sur le quatrième 90 %, la qualité de vie de personnes vivant avec le VIH, selon Eric Cua, infectiologue du CHU de Nice. Comment arriver à toucher cette épidémie cachée ? Pour avoir envie de se faire dépister, il faut faire reculer la stigmatisation et la discrimination qui pèsent sur les personnes séropositives à tel point que la dicibilité reste compliquée. Comment on le dit et avec quelle aide ?
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